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CHRONIQUE
DEVOIR DE MEMOIRE « Souviens-toi » est la devise de notre Association. L’ensemble des membres de l’ANAPI qui ont vécu dans leur chair les atrocités des camps de concentration mis en place à la libération par les Japonais avant leur capitulation ou par le viet-minh pendant la guerre d’Indochine n’oublieront jamais ce qu’ils ont enduré.
Cette sombre vérité de notre Histoire a été longtemps ignorée pour de multiples raisons. Les camps des Japonais et du viet-minh étaient au bout de la terre, dans une région du monde encore mal connue par beaucoup aujourd’hui, et la cruauté n’était évoquée que par une infime partie des prisonniers. Elle restait, et reste trop souvent encore, immatérielle. La trace morale, souvent unilatéralement présentée dans la mémoire publique, joue également un rôle considérable : - La cause des peuples de l’ancienne Indochine, la conquête de l’indépendance était noble ; - Leur lutte s’inscrivait dans un mouvement de l’histoire approuvée: la décolonisation. Dès lors, les victimes des camps viet-minh étaient des soldats qui avaient choisi de combattre des peuples asservis pour des motifs dénoncés méprisables par certains, qui les qualifiaient de mercenaires. Le gouvernement communiste Vietnamien victorieux pouvait traiter par le mépris une vérité qui aurait jeté une ombre, et quelle ombre, sur son triomphe. La révélation de notre martyre risquerait, dès lors, d’avoir des conséquences politiques et même économiques fâcheuses; elle fut donc soigneusement occultée. Pourtant la France et son gouvernement nous ont envoyés là-bas pour défendre « les valeurs civilisatrices de notre empire colonial », pour reprendre la formulation de l’époque, puis aider les peuples d’Indochine libérés à refuser le carcan communiste. Ces valeurs civilisatrices étaient bien réelles car nous avons vu tout ce que nos anciens avaient bâti là-bas, les routes, les voies ferrées, les villes magnifiques, les hôpitaux, les plantations, les écoles et les lycées. Rappelons également que les camps de prisonniers et les méthodes abjectes employées par le viet-minh dans ces camps ne datent en fait que de 1949. Avant cette date les prisonniers de guerre faits par le viet-minh étaient les plus souvent assassinés. Or, à cette même époque la France ne faisait pas une guerre coloniale pour défendre des intérêts économiques ou stratégiques égoïstes. Ce conflit s’inscrivait, en fait, dans un contexte géopolitique de « guerre froide ». Elle participait, ainsi que l’Amérique déjà engagée en Corée, à l’action d’ «endiguement » du communisme en Asie, l’Union Soviétique cherchant à étendre son aire d’influence à tout le sud-est asiatique. ![]() La France, respectueuse du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », luttait pour que les pays d’Indochine et notamment le Vietnam, devenu indépendant, ne tombent pas sous le joug d’une dictature communiste, dont le bras armé était le Viet-minh soutenu par Moscou d’abord, et Pékin ensuite.
Nous savons que nous avons combattu avec héroïsme pour assurer au mieux la mission que notre pays nous avait confiée et que rien ne peut justifier la diabolique extermination dont tant des nôtres périrent, ni la chape de silence et d’oubli qui en cache l’abjection. Les preuves laissées à la postérité permettront d’éclairer la monstrueuse réalité des méthodes, importées des goulags, mises en œuvre par le viet-minh dans les camps de prisonniers du corps expéditionnaire Français puis dans les camps dit « de rééducation » sur la population vietnamienne elle-même. L’ANAPI entend résoudre ce problème de « mémoire oubliée », en renonçant certes à toute vue « passéiste» et « revancharde », mais en cherchant comment la connaissance de notre cruelle expérience peut être utile à une projection vers l’avenir. Nous n’oublions jamais et forts de notre expérience, nous agissons pour que cela ne se reproduise jamais plus! Cette action « MEMOIRE » se concrétise notamment par : · Des monuments aux morts en France · Des livres de Témoignages · Un DVD
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